Formation doctorale
Gestion des Risques et Développement Territorial

Il faut se demander si les acteurs font vraiment ce qu’il faut au lieu de se demander s’ils font bien ce qu’ils ont choisi de faire.

Présentation générale des préoccupations de sécurisation

Introduction

Parce que le verbe n’est pas un simple véhicule qui permet d’expliciter ou d’appréhender une réalité dite « objective » ; Parce qu’il permet, toujours, de formuler une pensée à partir d’une idéologie déterminée ; parce que toute société est constituée d’une pluralité de champs d’action qui rendent compte de l’orientation du mouvement social, à l’effet de concrétiser un projet sociétal ou une menace qui ébranle ledit projet, il faut investiguer le concept de sécurité, lequel est, par excellence, générique et polysémique.

En ce début du XXIe siècle, la société a perdu les repères de contenir les risques inhérents à la vie en groupes ; les événements multiples qui traversent et qui secouent la société, rendent difficile de saisir une compréhension exhaustive des rapports entre la violence et la sécurité. En effet, les nouvelles configurations de la violence ne se laissent plus circonscrire dans les termes de la philosophie politique de sécurité classique.

En effet, si la définition classique de la sécurité pourrait être la réaction proportionnée, rationnelle, publique et juste, qui surviendrait en cas de tensions politiques, économiques, sociales, culturelles… Si l’objectif politique et le cadre juridique de la sécurité constituaient les structures les plus communes de l’expérience sécuritaire pendant des siècles ; il ne reste, néanmoins, de cette expérience que le cadre théorique. En effet les traits moraux, politiques et juridiques de l’état de sécurité -saisis dans leurs dimensions historiques et historiales (qui marquent un point précis de l’histoire)- ne se retrouvent plus à l’identique dans le monde contemporain, du fait que la symétrie ne fonctionne qu’au niveau théorique et méthodologique et elle ne peut pas être extrapolée au-delà de la réalité soumise à l’analyse.

Aussi, faut-il tenter de répondre aux défis que posent les différentes recensions ; Ces recensements se définissent comme de puissants désordres qui règnent dans le monde. En réponse, la réalité semble confirmer la prévision de nouveaux dispositifs, souvent restrictifs de droits et libertés, quand ils ne reviennent pas sur des droits acquis. En outre, l’insécurité actuelle est globale, dispersée et aléatoire spatialement ; de même, si l’insécurité classique était due à des phénomènes naturels et opposait des adversaires selon des codes, actuellement les acteurs des violences sont des anonymes et leurs victimes sont des populations civiles et leurs effets n’obéissent à aucune règle.