Action Territoriale. Des errances au projet sociétal


Action Territoriale. Des errances au projet sociétal

Face au dilemme du troisième millénaire, l’homme est confronté d’une part, à un monde aux frontières poreuses et méandreuses et dont les interactions entre les différentes composantes sont, exclusives, mécanistes et versatiles ; de l’autre côté, l’individu reste attaché à des entités qui se veulent singulières, tenaces, responsables, solidaires et autonomes dans l’interdépendance.

Devant cet état d’ébullition, quel crédit accorder à cette gestation territoriale en émergence ? Cet ordre, n’est-il pas un leurre, à l’image des grands dogmes qui l’ont précédé ? Pourrait-il contrecarrer, du moins endiguer ce qui se détruit au niveau global ? D’autant que le monde globalisé semble s’être départi des postures de pensée critique, contestataire, constructiviste et de remise en cause de l’expérience classique du développement.


 

 I/ LES MYTHES DU DEVELOPPEMENT CLASSIQUE
Lorsqu’il est question de globalisation -concept recouvrant des imbroglios kaléidoscopiques- tout est focalisé sur l’économique, il n’est plus question que d’effacement de frontières, de libéralisation des marchés, d’unification du marché mondial, de libéralisation des capitaux et des marchandises. Cependant, avec ce travail d’unification des marchés économiques et financiers, se réalise aussi une fragmentation politique et culturelle, ainsi que de distorsions sociales qui ne cessent d’accentuer les déséquilibres.

         1/ les différents indicibles
       Le globalisé est devenu un sujet fantasmé et présenté comme pouvant générer, à la fois, une prétendue « gouvernance » érigée en religion globale unique et en culture tautologiques -pléonastiques. Et tout comme au temps des devins et des voyants, la société actuelle entretient des oracles pieusement médités lors de grands rituels par des « experts » ; lesquels tels des alchimistes oublient que les véritables richesses viennent des hommes et non d’une quelconque omnimarchandisation ou de l’importation d’un quelconque système socioéconomique.

         2/ les dysfonctionnements
 Le territoire vit un état de déprédation où le « trop » règne en maître, trop d’écart entre ceux qui ont trop de dettes, de difficultés financières, de soucis de survie, et ceux qui ont trop de biens, de pouvoir, d’argent, de terres, de facilités, de confort, de mobilité : le territoire vit une situation d’overdose de toute part.

Par ailleurs, l’accès aux ressources revêt des allures de champ de bataille et de fortes secousses sociétales. Ces failles et fractures… se traduisent par des inégalités qui ne cessent de s’aggraver et un darwinisme social investit le territoire pour en faire une jungle dévastatrice, sous le masque d’un vaste marché financier, propageant des modes de consommation incompatibles avec la durabilité des ressources tant naturelles qu’humaines.

De même, la dissociété -qui constitue une force centrifuge- isole et décompose en éléments épars, ce qui représentait un tout indissociable au niveau de toutes les strates sociétales ; et une telle situation ne conduit qu’à un aléa plus mortifère, au conformisme et à l’aseptisation de la vie sociale qui conduisent à l’inertie du corps social et à sa domestication[1].

En outre, la course à la profitabilité favorise des pandémies sociales qui ravagent tous les processus de production (politique, économique, social et culturel). Et une telle situation ouvre sur des exclusions qui mutilent de larges pans de la société dans un système assistanciel, la « charity business ». Ces dysfonctionnements sont, en fait, le reflet d’une situation de détresse dans laquelle s’envase la société mettant à nu des craquelures et des fissurations qui engloutissent de larges pans de la société.

En outre, cette culture exonère les détenteurs du pouvoir de se pencher sur les véritables causes des dysfonctionnements et leur permet de s’absoudre de tout acte d’accusation, la birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, en 1991, disait à ce propos « Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, c’est la peur. La peur de le perdre pour ceux qui en ont ».

II/ LES FONDAMENTAUX DU TERRITOIRE
1/ Essai définitionnel
L’action territoriale dont il est question n’est ni un mode ni un modèle, elle constitue une délicate alchimie qui s’élabore et se transforme, jour après jour, dans les laboratoires de la société. Ainsi, l’exercice le plus scabreux qui doit focaliser toute l’attention est celui des critères de choix du type de territoire : notamment le territoire qui emprunte aux référents naturels, celui qui structure l’espace autour de solidarités existentielles et de référents socioculturels ; Orientation qui a toujours été combattue, sous prétexte qu’elle risquerait de réveiller l’Hydre de Lerne de l’esprit ethnique et communautariste, oubliant que c’est, exactement, cette pluralité qui a fait la puissance du Pays et qui fait sa richesse et sa singularité.

La décentralisation
La décentralisation, cette légitimité ascendante -telle que vécue à ce jour- est victime de nombreux dysfonctionnements, notamment : un nombre trop élevé de communes et d’élus dont les qualifications et les motivations sont loin d’être les points forts, un fonctionnement obérant et onéreux, une administration pléthorique, une prépondérance de petits projets au détriment de projets structurants.

En outre l’enclavement des collectivités locales et l’inadaptation des découpages administratifs ont porté un coup fatal à l’efficience gestionnaire et ont engendré des résistances et des apories (contestations), du fait d’approches sectorielles opérées en l’absence de projets intégrés de développement territorial[2].

2/ Eléments du territoire
La démocratie
Le consensus hypocrite qui entoure, jusqu’à présent, la démocratie procédurale est au cœur d’un malentendu pervers du fait de concepts génériques, réversibles et flous… Alors qu’une véritable démocratie induit la renaissance et la reconstruction des construits sociaux, du fait qu’elle est la communauté des communautés.

Le pouvoir/dissensus/autonomie/gouvernabilité
La crise du politique, l’amenuisement du social et la prolifération de nouveaux modes d’action constituent autant de symptômes qui manifestent d’une interrogation sur les conditions actuelles de l’exercice du pouvoir et de sa remise en cause.

Cependant, qu’est-ce que le pouvoir ? S’agit-il du verbe ou du substantif ? S’agit-il d’une voie de sagesse ou d’un excès de vanité ? Comment se caractérise-t-il ? Quels sont ses moteurs ? Peut-on y renoncer ou en modifier la nature ? Peut-on le bâtir sur l’insensibilité, la souffrance et les décentrements ? En tout cas, il n’est pas de pouvoir sans objectifs.

Par ailleurs, la vie en société repose sur deux piliers : la soif de la justice et une équipe soumise à la morale civique, or l’une et l’autre sont mises à mal et sont menacées de désarticulation.

Il est, donc, plus que jamais vital de régénérer la gouvernabilité comme système d’organisation et de gestion de l’action publique, pour prendre en compte les intérêts croisés des acteurs en présence. Elle doit, ainsi, devenir une pratique qui permettrait d’exercer le contrôle, le suivi et le portage des projets de développement 

La société vit un véritable mythe de l’autonomie locale qui voudrait que les acteurs déploient une énergie créatrice pour exercer un contrôle efficient sur leur territoire, en recourant à des outils (tels que la proximité, les capacités-possibilités…) qui conforteraient le sentiment d’appartenance, à l’effet d’enclencher l’intégration de la société et favoriser la mise en commun des intérêts de ses membres.

III/ CADRAGE DU TERRITOIRE
L’organisation du territoire est mue par le désir de renforcer son intégration par le fait de transcender les dysfonctionnements, par la volonté de lui insuffler une régulation sociale et par le besoin, combien inéluctable, de décentrer la décision ; même si ce territoire a connu des fortunes diverses et a suscité de nombreux débats autour des divisions qui le sous-tendent.

1/ qu’est-ce que le territoire?
Le territoire est considéré, à la fois, comme une donnée géographique, une œuvre humaine et une production sociale. Il est, ainsi, marqué par son passé et par des remaniements en profondeur, plus ou moins, visibles ; tout comme il constitue le support des mutations dans sa géographie, au sein de sa population et dans la façon dont se le représente cette dernière.

Le territoire est, physiquement, organisé et culturellement hérité, inventé et réinventé[3] ; il est, par ailleurs, une production idéologique et une appropriation politique.

Perceptions du territoire
Le territoire constitue, ainsi, un capital et un levier d’orientations potentielles et il agit sur les acteurs de la même manière que ceux-ci agissent sur lui. Il permet de produire l’action et de stimuler les capacités nécessaires à l’appropriation morale de l’espace. Aussi, le capital territoire doit être partagé et ce partage se traduira par une augmentation de capitaux individuels et collectifs ; il n’est aucunement un champ confisqué et une telle dysfonction aggraverait les inégalités sociales et appauvrirait les capacités d’orientations collectives.

Paradoxes du territoire
Le territoire du développement s’inscrit, aussi, dans le multidimensionnel et résulte d’une appropriation à la fois économique, idéologique, symbolique, politique et culturelle de l’espace par des groupes sociétaux. Ces groupes se donnent une représentation particulière d’eux-mêmes, de leur histoire, de leur singularité ; et ils utilisent cette appropriation et cette représentation pour créer le mouvement social, combien nécessaire pour faire vivre le territoire.

En effet, il ne suffit pas de se voir reconnaître formellement des droits sur un territoire, il importe que la possibilité de s’approprier et d’exercer ces droits[4] soit, effectivement, garantie ; mais comment défendre l’appropriation territoriale, lorsque les faibles sont interdits d’accès aux ressources les plus élémentaires pour assurer leur subsistance ?

En outre, le territoire -fondement d’une culture solidaire- passe par l’instauration d’une économie territorialisée qui vise un vivre-ensemble et un mieux-être intégrés, propulsifs et correctifs ; pour ce faire, le développement territorial doit reconsidérer l’économique à l’effet de permettre une meilleure répartition des richesses, de manière sensitive. Il constitue, aussi, une démarche de mise en mouvement et en synergie les actions des acteurs locaux pour valoriser les ressources humaines et matérielles du territoire.

2/ constitutifs du territoire 
L’action territoriale, pour peu qu’elle soit correctement exécutée, doit être imprégnée d’un anthropocentrisme éclairé qui tiendrait compte de l’équilibre durable entre l’homme et le territoire qui est source de vie et d’autorité permanente, même si les lois sont changeantes et changeables au gré des circonstances.

Territoire donné/territoire voulue
Le territoire n’est pas, uniquement, un support de production de richesses matérielles, il est surtout un «vivre ensemble», il est  un appui qui nourrit le système territorial d’échanges matériels et immatériels et un espace social ; Aussi faut-il le gérer en concordance avec ce qui le compose, ce qui l’identifie, ce qui lui appartient[5]….

Le territoire permet, par ailleurs, de développer une culture d’appartenance qui promeut les flux et les dynamiques, sachant que le territoire ne se décrète pas et que ses projets ne sont jamais livrés « clés en mains ». Ainsi, le vouloir vivre-ensemble est toujours d’esprit et il constitue l’énergie d’assumer les contradictions, d’exprimer les attentes et de rassembler le conatus de l’homme. Il se veut, enfin, de contenir l’économie en lui dictant des limites, à savoir subordonner l’outil à l’homme[6] : le territoire devenant, ainsi, un levier, un catalyseur et le moteur de toute stratégie de développement par un fin maillage des espaces.

3/ stratégies territoriales
La trilogie -territoire, acteurs, décision- revêt une importance particulière dans l’analyse des stratégies territoriales et à ce niveau, la centralité territoriale revêt une importance capitale, du fait que le discours sur l’action territoriale occupe une place centrale[7] en tant que révélateur du processus de développement et en tant que moyen d’action pour façonner le territoire.

Tensions du territoire
En effet, l’action territoriale doit être soumise, en permanence, à la territorialisation-déterritorialisation-reterritorialisation (TDR) ; lesquelles constituent la nature même de la vie du territoire. Les processus TDR permettront, ainsi, d’expliquer les transformations territoriales et exprimeront la complexité de la société, ils seront en perpétuel mouvement et concerneront la manière dont les populations vivront le territoire et participeront au jeu du renforcement de la flexibilité des activités existantes sur le territoire[8] qui doit présenter d’autres facettes, notamment celles de Territoire « ressources », de Territoire « cadre de vie » et d’un Territoire « nature ».

IV/ LES ACTEURS DU TERRITOIRE
            1/ les approches des acteurs
La puissance des acteurs est, d’abord, intérieure avant d’impacter sur l’extérieur ; Aussi, faut-il se référer à des fondamentaux la conscientisation qui constituera le processus par lequel la société s’éveille sur sa réalité socioculturelle. La mobilisation, comme pouvoir collectif, qui permettra au mouvement social d’édifier l’action collective pour une fédération constructive. L’organisation qui permettra d’appréhender la société dans ses effets collectifs. Enfin, l’organisation en réseaux qui permettront de mettre en exergue le volontarisme des acteurs de s’inscrire dans une optique de transversalité et de transectorialité.

            2/ les actions et interactions des acteurs
Les acteurs ne sont pas, exclusivement, ceux institutionnels, ils sont, tous ceux dont les qualifications et les compétences les prédestinent à jouer un rôle constructiviste dans la réalisation des politiques de développement.

Les rôles des acteurs
Les multiples manifestations de la montée en puissance de la parole des acteurs dans l’espace public sont le résultat de la baisse des coûts matériels et symboliques de l’accès à l’expression publique. Ainsi, le passage d’une démocratie procédurale et minimale à une démocratie engagée et engageante sera contenu dans le programme d’un projet sociétal efficient qui sera, toujours, une incomplétude et à horizon franchissable.

Les réformes
Parce que toute réforme doit se fonder sur un processus de changement, il faudrait que les réformes permettent de réinscrire le pouvoir dans le provisoire et qu’elles soient fonction de l’implication et de l’adhésion de toutes les franges de la population, sans exclusions aucunes. Il faudrait, aussi, que les réformes permettent la stabilité et la transparence du flux d’idées et des intérêts de classes qui sont des baromètres organiques permettant d’enregistrer les variations de la volonté politique de la société.

Il faut préciser, par ailleurs, que la culture constitue une arme et non une solution ; aussi faut-il s’inscrire dans le registre de l’acceptation de l’ « Autre » et de la relativisation des différences, alors que dans la réalité, il n’est question que de l’émergence de culturosités sauvages, celles des groupes exclusivistes, xénophobes et dangereux. Aussi, l’altérité, la qualité de la relation à l’autre et la dignité doivent constituer l’enjeu majeur pour que chacun trouve la place qui est la sienne dans une réalité qui doit ouvrir sur des processus d’un développement territorial intégré et intégrateur.

V/ LE PROJET SOCIETAL TERRITORIAL
            1/ le comment du projet territorial
Toute alternative consiste en un changement pour transcender les situations minées par les distorsions, par l’insécurité et par la corruption ; d’autant que la perte des idéaux des années des grandes idéologies et causes a conduit à se déconnecter de la base, à privilégier des postures mécanistes et à se détourner des engagements d’intégration et de fédération.

Par ailleurs, remettre en cause la situation actuelle revient d’abord à comprendre à quel point elle n’a rien de fatal et quelle n’est que le fruit de choix et d’intérêts humains. Sachant que les utopies politiques dictent à tout acteur la trilogie : précaution, anticipation et gestion, lesquelles fondent la responsabilité qui est reconnue depuis toujours comme mère des prudences.

            2/ le projet sociétal territorial
« II y a deux sortes d’hommes politiques : ceux qui usent de la langue pour dissimuler leurs pensées et ceux qui en usent pour dissimuler leur absence de pensée. » Janvier Greshoff, extrait de Belladone.

Une action territoriale intégrée suppose la prise en compte des attentes des citoyens ; aussi, faut-il renverser la pyramide décisionnelle et, donc, se démarquer de l’application d’une politique, à programmes décidés, exclusivement, par le centre, sans aucune écoute des attentes des populations. Il s’agit de passer d’une relation intégralement administrative à une relation de collaboration et de concertation qui laissent à l’acteur, la latitude d’adapter son action au territoire sur lequel il agit.

Aussi, le projet territorial doit être entendu comme un cadre d’action politique et programmatique où convergeraient des stratégies de développement qui privilégient principalement, les acteurs des collectivités territoriales et leur savoir-faire vernaculaire et moderne.

Outils et mesures du projet régional
Outils
L’action territoriale doit se traduire par un apprentissage permanent et inclusiviste, dans le cadre d’un débat à jamais fermé sur l’autonomie et par un volontarisme de faire revivre les référents sociétaux ; de même, le processus doit permettre la participation et la fédération pour renforcer les capacités du territoire à se prendre en main.

De même, les capacitations individuelles et collectives permettront l’élaboration d’une vision globale et intégrée, pour la mise en œuvre d’un projet sociétal viable ; par ailleurs, la concertation constituera un fondamental pour que toutes les énergies soient mises à contribution, pour que s’amorcera un processus d’intégration.

En outre, les partenariats sont nécessaires pour que toutes les énergies disponibles soient mises à contribution, pour créer les conditions de mise en œuvre des actions considérées comme prioritaires. Par ailleurs, l’harmonisation et la promotion des politiques publiques participeront au renforcement de l’autonomie et de la cohésion sociale.

Mesures
L’action territoriale, pour être efficiente, doit être soutenue par différentes mesures, notamment celles des instances nationales qui soutiendront celles territoriales par la clarification des droits des individus quant à l’accès aux opportunités ; mais aussi par le renforcement du statut légal des organisations tant modernes que vernaculaires et par la reconnaissance du rôle des organisations sociétales dans leurs rôles de gouvernabilité et de prestation de services.

Stratégie du projet régional
La stratégie territoriale permettra de partager les savoirs fondés sur l’agir et sur les interactions entre la recherche et l’action. Cette construction permettra au territoire de se déployer à partir d’un système d’interrelations, de circulations ascendantes et descendantes des richesses, de production et de reproduction des valeurs. Cette édification doit se fonder sur d’incontournables dimensions, notamment le management, les partenariats, la prospective et la proximité.

Le management[9] territorial concernera toutes les manifestations du pouvoir politique, tout comme il permettra de territorialiser l’ensemble des flux et de créer des conditions favorables au progrès, loin des toutes les ségrégations arbitraires.

Lequel management aidera à la constitution de partenariats pour accompagner et faciliter la vie politique locale ; En outre, la prospective rendra perceptible les phénomènes en gestation ou en émergence, ainsi que les tensions latentes et les risques de rupture dans tout champ socioéconomique. De même, la proximité consacrera l’altérité qui est seule à même de permettre une transformation des rapports entre le centre et la périphérie, par ses capacités mobilisatrices et fédératives.

En somme, la stratégie du projet territorial régional permettra de contourner la rigidité du système, pour passer d’un système de territoire-administration ankylosant à un système dynamisant de territoire-développement.

CONCLUSION
Le critère de permanence est simple : ne survivent que les espèces qui établissent un rapport harmonieux avec l’écosystème dans lequel elles sont inscrites ; aussi, l’homme doit-il être responsable et résolu pour se mesurer aux différents dysfonctionnements qui affectent son environnement social et territorial.

Certes, la tâche sera longue, ardue, coûteuse et pleine d’embûches, mais l’enjeu est de taille et il vaut la peine d’être couru, si l’homme ne veut pas vérifier la métaphore de Hubert Reeves : « Une planète saine rencontre une planète malade : Qu’est-ce qui t’arrive ? – Ne m’en parle pas, j’ai attrapé l’humanité ! – Rassure-toi, j’ai eu cette infection, moi aussi. Figure-toi, ma chère, que cette maladie s’autodissout. Ça part tout seul ! »[10].

 —————————————————————–

[1] Machiavel avance que la vertu procure la tranquillité ; que la tranquillité enfante la mollesse et que la mollesse consume le pays.
[2] Certes, le Dahir du 30 septembre 1976 comme celui d’octobre 2002 font de la collectivité locale, le bastion et la cellule de base du développement local, mais cette structure demeure incapable d’assumer, toute seule, le rôle qui est le sien, faute de moyens économiques et matériels adéquats ; il est donc urgent de s’y focaliser,  pour que la collectivité devienne un acteur fondamental dans l’initiation et la promotion du développement et d’être à la hauteur de sa raison d’être, celle d’assurer l’inclusion de toutes les souches de la population par la régulation sociale.
[3] J. Bonnemaison : Voyage autour du territoire, L’espace géographique, n°4, 1981, p.249-262.
[4]Les droits fondamentaux reconnus à chaque individu devraient comprendre non seulement des droits privés, des droits politiques et des droits sociaux, mais aussi des droits territoriaux (s’exprimer dans sa langue, dans son identité culturelle reconnue et préservée…).
[5] Martine Théneviaut-Muller : Le développement local, une réponse politique à la mondialisation, Editions, Desclée de Brouwer, 1999, P.65
[6] Paul Houet, 1974, P. 164
[7] Guy Di Méo « Que voulons-nous dire quand nous parlons d’espace ? », P 40- in Lévy J. et Lussault M. (sous la direction de)  Logiques de l’espace, esprit des lieux. Géographies à Cerisy, Paris, 2000, Edition Belin.
[8] Luc Vodoz, Barbara Pfister Giauque, Christophe Jemelin : Les territoires de la mobilité, l’aire du temps, communauté d’études pour l’aménagement, 2004.
[9] Le concept management est adopté par l’Académie française dès 1969, son origine remonterait au vieux français et signifierait « l’art de conduire, de diriger, de manier…les esprits comme les affaires.
[10] Hubert Reeves : Le mal de terre, Seuil,  2005, P. 28.

Vous aimerez aussi...